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Tom, un stage à l’IPP sur les inégalités de salaire femmes-hommes

Tom Olivia, ENSAI 2019, est chargé d’études au département des études économiques de l’Insee. Dans le cadre de son stage de fin d’études en Master Evaluation et Décision Publiques, il a rejoint l’Institut des Politiques Publiques (IPP) pour étudier les inégalités de genre observées sous l’angle des conditions de travail. Retour sur cette mission. 

Le Master Évaluation et décision publiques de l’ENSAI, co-accrédité avec l’Université de Rennes 1 est la seule formation française certifiée European master in official statistics (EMOS), label délivré par Eurostat.

Mon parcours en statistique publique à l’ENSAI

Tom Olivia : “J’ai fait une prépa MPSI/MP à Marseille au lycée Thiers. A l’issue de ces deux ans de prépa et des oraux des concours, la perspective d’être ingénieur en dehors des statistiques ne m’attirait pas, en partie pour des raisons académiques, car j’avais peu d’appétence pour la physique.

J’ai été admis dans les deux cursus de l’ENSAI, ingénieur et statisticien public. C’est ce dernier que j’ai choisi, par envie de travailler dans un grand organisme d’utilité publique et également, pour ne rien cacher, pour des raisons matérielles liées à la rémunération des études et aux perspectives d’emploi.

Dès la première année, j’ai eu la chance de faire mon stage de découverte de la statistique publique à Ottawa au siège de Statistique Canada pendant tout l’été : une expérience particulièrement enrichissante sur tous les plans.

Après le cursus statisticien public, j’ai poursuivi mes études en intégrant le Master Evaluation et Décision Publiques. Je voulais sortir de l’école avec un diplôme bac +5, tout en prolongeant les enseignements de la deuxième année.

J’ai rejoint l’Insee, au siège de Montrouge, en septembre 2020. Je travaille sur les retraites avec la gestion d’un modèle de microsimulation (Destinie 2). Je fais également de études sur des sujets économiques. En ce moment, je travaille sur une étude microéconomique sur les conséquences de la crise actuelle sur les comportements des ménages (consommation, revenus, épargne) avec une source de données absolument inédite.

Je travaille également toujours sur des problématiques autour des inégalités de genre dans la continuité de mon stage à l’IPP.

J’interviens en plus à l’ENSAI depuis 2019 sur des TD d’économie en deuxième année, en économétrie et tout récemment dans l’encadrement de projets d’économie en première année.

Inégalités de salaire Femmes-Hommes et ségrégation inter-entreprises

J’ai débuté mon stage le 9 mars 2020 à l’IPP. Je n’ai passé qu’une semaine sur place avant de passer en télétravail, notamment grâce à des démarches pour l’accès aux données à distance. J’ai pu revenir à l’IPP mi-juin, jusqu’à la fin de mon stage. Une chance que toute la promotion n’a pas eue.

L’IPP est organisé en pôles : travail, fiscalité, entreprises, environnement et retraites. J’étais intégré au pôle « travail » et plus particulièrement dans l’équipe qui travaille sur cette thématique dite « gender gap » des inégalités de genre.

Mon tuteur était Maxime Tô, économiste senior à l’IPP et par ailleurs chercheur à UCL (University College London). Il a également travaillé à l’IFS (Institute for Fiscal Studies, analogue à l’IPP au Royaume-Uni). Nous avions des bases académiques communes car il est diplômé de l’ENSAE et docteur en sciences économiques de Sciences Po.

Ma mission durant ces quelques mois : étudier les inégalités de genre sous l’angle des conditions de travail. L’objectif était de documenter les différences de conditions de travail et de déterminer si ces dernières expliquent les inégalités salariales par exemple, mais pas uniquement.

De mars à juin, j’ai consacré mon temps à l’explication des inégalités de genre à partir des conditions de travail. Durant le reste de l’été, j’ai davantage travaillé sur les questions autour de la parentalité et de l’impact potentiel qu’elle peut avoir sur les conditions de travail des jeunes mères qui travaillent.

Les méthodes statistiques et économétriques mobilisées

Pour la première partie de mon étude, j’ai utilisé des méthodes économétriques pour décomposer les inégalités salariales et les expliquer à l’aide des conditions de travail, tout en intégrant les facteurs connus (âge, expérience, ancienneté, diplôme, PCS, …).
Les conditions de travail expliquent 30 à 40 % de la partie explicable de l’écart constaté en salaire horaire. Toutefois ce résultat reste assez fragile car nous avons utilisé des techniques statistiques pour faire de la sélection de variables en amont et cela pose question.

Pour la seconde partie, j’ai utilisé la technique économétrique de la double différence pour évaluer l’impact de la parentalité sur l’évolution de différentes conditions de travail.

Ce travail un peu nouveau et préliminaire a permis de donner des pistes pour un travail plus poussé que je poursuis à l’Insee, toujours en collaboration avec Maxime Tô. Cependant nous n’avions pas de résultats généraux nets à ce stade du travail.

Bilan et perspectives de cette mission à l’IPP

Avec ce stage, j’ai bénéficié d’une sorte d’initiation à la recherche, l’IPP en étant extrêmement proche, quand bien même ils mettent en avant le fait qu’ils produisent beaucoup de contenus “grand public”. J’ai appris à allier des techniques économétriques anciennes à des techniques statistiques se rapprochant du machine learning. En grande partie grâce aux précieux conseils et à l’encadrement très bienveillant de Maxime.

J’ai également fait une revue de littérature assez fouillée autour du sujet en début de stage, ce qui m’a permis de faire le pont entre théorie économique et applications économétriques, et avant cela statistiques.

Dans le cadre de mon poste actuel à l’Insee, je poursuis en quelque sorte la seconde partie du stage avec Maxime Tô. Nous avons actuellement des résultats de plus en plus prometteurs, qui devraient encore s’enrichir avec l’arrivée de données plus récentes courant 2021. Il y aura surement des publications à visée académique et aussi pour le grand public dans l’année.

J’en profite d’ailleurs pour remercier ma hiérarchie à l’Insee qui m’a fait entièrement confiance pour poursuivre ce travail. Et je remercie bien sûr à nouveau l’IPP pour l’accueil et particulièrement Maxime qui a été un super encadrant tout au long du stage malgré les circonstances exceptionnelles !”

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